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 tout va bien.

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sandankhr
||- the Demon Wolf
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MessageSujet: tout va bien.   Dim 3 Déc - 16:28



tout va bien
luna & janine

« i know it's so wrong but I'm so far gone. don't need you to tell me I'm so cynical. quit being so over-skeptical. don't need a metaphor for you to know I'm miserable »
T'avais passé une longue journée. Très longue journée. Levée le matin, tu t'étais rendu à ta maison de disque pour parler à ton manager. Tu avais signé quelques papiers; concerts, photoshoots, interviews... Il y avait des règles que tu devais lire, certaines que tu pouvais poser. Tu n'étais pas trop du genre à mettre de limites, tout ce que tu avais demandé c'est d'avoir un agent de sécurité lors de tes concerts et qui t'accompagnerait en loge. Ton groupe montait en réputation et les fans étranges commençaient à faire surface. Tu te souviens bien de celle qui avait réussi à entrer dans ta loge, que t'avais surprise à fouiller dans ton sac. D'ailleurs, tu te demande si elle n'avait pas embarqué ton baume à lèvres, ça fait un moment que tu ne l'as pas trouvé... Et ton manager n'avait pas chipoté, il avait directement accepté, au courant de cette petit histoire. Pas que tu n'aimes pas tes fans, mais tu tiens à ton intimité. Faire des selfies et leur faire un bonjour avec le concert c'est une chose, mais aller dans ta loge et te surprendre s'en est une autre...
Et puis tu étais allé manger avec ton guitariste. S'était bien le seul de ton groupe avec qui tu peux aller manger. Comparé aux autres, lui aussi fait attention à son poids et ne tape pas dans les fastfoods sans arrêt, étant donné qu'il n'est pas un adepte de la musculation comme les deux autres. Il est comme toi, grand et fin, du genre à manger une salade dans un McDonald's. C'est d'ailleurs ce que vous avez fait. Parce que lui fait attention, mais toi, t'as rarement un bon appétit. Si tu manges léger, c'est simplement parce que tu n'as pratiquement jamais faim. Pourtant, tu devrais, vu ta taille. 1m82 à nourrir, t'étais clairement trop maigre, trop fragile. Mais bon, tu pouvais pas te forcer si l'appétit n'était pas là. Et finalement, vous avez rejoins les autres garçons pour une répétition. Vous aviez deux nouveaux titres, il fallait donc les peaufiner et les insérer dans la setlist. Une journée bien remplie donc. T'as fini par rentré dans les alentours de six heures du soir. Mais avant ça, les garçons t'avaient déposé à l'auto-école la plus proche de ta maison. Car ça y est, t'avais enfin les moyens de passer ton permis et de t'acheter une voiture. Alors tu t'étais inscrite, puis t'étais rentré chez toi à pieds. T'étais plutôt contente de ta journée en fait. Simple et légère, pas de prise de tête, de soucis, et ta jambe n'avait pas fait des siennes. Alors pour ce coup-là, tu rentrais l'humeur sereine. Même contente de toi, pour toutes ses signatures, ce travail, et le permis.

Mais en parlant de ta jambe, il fallait bien que ta blessure te rappelle son existence. Il faut dire que tu avais beaucoup marché aujourd'hui, même si tu avais passé beaucoup de temps assise, tu t'étais pas mal déplacé. Et bien sûr, sans ta canne. Pourtant, t'aurais pu. Tu n'avais vu que des personnes très proches aujourd'hui, et ton manager n'aurait pas fait la gueule en la voyant. Mais non, t'étais toujours pas à l'aise avec ça. C'est arrivé chez toi que ta cicatrice a commencé à te tirer. Douleur dont tu avais l'habitude. T'avais fumé une clope dans ton jardin, mangé un bout, en ayant enfin pris ta canne. Parce que chez toi, personne ne te voyait, alors tu pouvais te le permettre. Pauvre conne.
Et puis t'as voulu prendre un bain, histoire de te détendre avant d'aller te coucher. Enfin, te coucher... Dans le sens, tourner en rond dans ta chambre, lire, écrire, jouer sur ton téléphone, jusqu'à finalement trouver le sommeil cinq heures après. Parce que t'avais cette insomnie insupportable. Mais t’avais pris l’habitude, même si ça t’agaçais au plus haut point. Ca te manquait, ces longues nuits à dormir jusque midi, faire une bonne grasse matinée. Mais non, toi tu faisais des nuits minuscules, et en plus, t’avais des terreurs nocturnes. La perfection. Mais heureusement, tu avais trouvé ton ancre. Et avec Ashley avec toi, tes nuits étaient plus longues et plus légères. Elle t’apaisait, s’en était impressionnant. Mais lorsque tu allais monter tes escaliers, t’avais pas pris ta canne, trop confiante. Tu pensais que ta douleur, ce n’était pas grande chose, parce qu’elle venait toujours en fin de journée remplie comme celle-ci, tu pensais savoir gérer, par habitude. Mais non. C’est arrivé au trois quart des immenses escaliers de ta maison que le muscle atrophié de ta cuisse fût pris d’un coup d’électricité et s’était soudainement bloqué. Et ce, tout juste lorsque tu levais ta jambe pour poser ton pied sur la prochaine marche. C’est comme ça que tu étais tombé. Tu avais dévalée les escaliers sur le ventre, ta poitrine et ton menton prenant les coups de marches au passage. Cette chute elle était longue, si longue… Tellement que tu avais eu le temps de penser "quand est-ce que j’arrive ?". Et finalement, t’atterrissait sur les fesses, ton coccyx prenant un bon coup lui aussi. T’était tellement maigre, que la chute avait été horriblement douloureuse, pour ton corps trop maigre et faible. T’en poussa un hurlement une fois arrivée au sol. Ton ventre, ta poitrine, ton menton, ton coccyx, tout te faisait trop mal sur le moment, ainsi que ta cuisse. Le bas de ton visage était déjà bien rouge, et tu sentais ton piercing à la poitrine en feu. Tu avais fini par t’allonger, trop fatiguée et souffrante pour te relever. T’en avais profité pour soulever t-shirt blanc pour regarder l’état de ton ventre. Il y avait des hématomes rouges, qui allaient surement virer au bleu demain, mais en tâtant tes côtes, tu remarquais qu’elles allaient bien. Quant à ton piercing, il saignait, mais rien d’alarmant non plus, ce genre de piercing saignait pour un rien et ce n’était pas la première fois que ça t’arrivais. Alors tu soupirais tout en laissant ta tête tomber au sol. Rien que du superficiel. T’aura de beaux bleus demain, mais rien de plus. Le seul souci maintenant, c’est que ta jambe n’avait pas aimé chute, et que t’étais incapable de te lever. « Fait chier… » Alors t’étais là, couchée par terre, à attendre. Attendre que la douleur passe, et que tu puisses te lever. Et au loin, tu voyais ta canne posée contre un meuble de la cuisine. Si tu l’avais prise, t’en serais pas là.

Tu te demandais comment t'allais bien pouvoir faire, là, couché par terre, incapable de te lever, dans ta propre maison. T'avais beau en avoir vu de toutes les couleurs avec ta jambe, s'était bien la première fois que ce genre de chose t'arrivait. Il fallait vraiment que tu te mettes à utiliser ta canne, au moins chez toi, avec ces foutus escaliers. T'avais sorti ton téléphone de ta poche. Fort heureusement, lui, n'avait rien. Tu regardais les dernières personnes à qui tu as envoyé un sms, qui sait, tu trouverais quelqu'un qui pourrait venir t'aider. Ashley? Elle devait sûrement travailler, et de toute façon tu ne voulais pas l'inquiéter. Gaston? Il te démonterait. Un de tes gars? T'avais pensé à ton batteur, lui qui était bien assez grand et costaud pour t'aider. Mais quand tu l'avais appelé, tu finissais par soupirer, parce qu'il ne répondait pas. Quant aux autres, ils étaient beaucoup trop loin, et/ou pas au courant pour ta jambe. Alors tu rangeais ton téléphone, et t'attendais. A fixer le plafond, cliqueter tes bagues contre le parquet en bois de tes doigts, alors que ta cuisse te brûlait. Le bas de ton visage te faisait mal lui aussi, tu le sentais chaud, faut dire que tu t'étais bien ramassé. T'espérais que le bleu n'allait pas être énorme, va faire un concert et des séances photos avec la figure gonflée toi. Décidément, cette blessure à la jambe te pourrissait vraiment la vie. Parfois, t'en avais vraiment marre, t'en pouvais plus. Et puis tu repensais à ta soeur qui elle, n'avait plus cette chance de pouvoir marcher, et donnerait tout pour n'avoir que cette misérable blessure que tu avais. C'est pourquoi tu serrais les dents et tu continuais à te battre contre ce muscle atrophié. Et qui sait un jour, ton médecin trouvera une vraie solution pour te faire courir à nouveau.

T'as sursauté, quand t'entendais frapper à ta porte. Coup de chance, se serait ta petite-amie? En l'espérant, tu regardais ta porte. « Lunaaa ! J’ai des bières, ouvre ! » Une voix familière, très familière, et tu pouvais pas espérer mieux. S’était Janine, ta meilleure amie. Pourquoi t’avais pas pensé à elle, tiens ? Mais heureusement, il lui arrivait souvent de passer à l’improviste lorsqu’elle te savait seul. Histoire de passer le temps, et parce qu’elle savait qu’être seule ne t’était pas bénéfique. Mais merde, comment t’allais faire pour lui ouvrir…  Et puis tu tiltais. Ouais, t'as été un boulet jusqu'au bout, et t'avais oublié de fermer ta porte en rentrant. Vraiment, t'étais pire que débile aujourd'hui. Et si s'était un fan bizarre derrière la porte? Abrutie. Pour le coup, t'étais bien heureuse que ce soit ta meilleure amie derrière la porte. Et d'ailleurs, tu l'entendais rentrer. Mais dès qu’elle te trouvait au sol, elle eu tout juste le temps de poser les bières par terre avant de paniquer. « Putain meuf mais qu’est-ce qui t’es arrivé ?! » Tu soupirais, et tu levais les bras et les épaules, fatiguée de toi-même. « T’as besoin d’aide pour te lever ? » « S’il te plait.. » « Alors tu m’explique ta connerie. » « Janine… » T’étais pas fière de toi, sur le coup, t’avais pas spécialement envie d’en parler. Alors elle te regardait, sans rien dire, un instant. Puis soudainement, elle tourna les talons, commençant à partir. « Ok salut. » « Non c’est bon ! » Alors elle se retournait, les mains sur ses hanches, la tête penchée sur le côté, l’air blasé, t’écoutant, debout devant toi. Tu crachais le morceau, regardant ailleurs : « J’ai marché sans ma canne aujourd’hui, j’suis rentré fatiguée et j’ai voulu prendre un bain, sauf que mon muscle s’est bloqué et j’suis tombé des escaliers. » A cela, tu voyais la jeune femme regarder les escaliers et hausser les sourcils en les voyant si nombreux. « T’es tombé d’où ? » « Le trois quart au moins. » Elle écarquillait les yeux à cela, puis te regardait, tandis que toi, tu la fuyais des yeux, faisant semblant de t’intéresser à ta tapisserie. « Putain Luna !! » Elle te faisait presque sursauter, la regardant sur le coup. « T’es casse-couilles ! » « Ca va, c’est rien… » « Mon cul ! Bon, amène-toi. » Elle se penchait, te tendant d’abord sa main. « Assis-toi. » Tu l’écoutais sans t’y opposer, prenant sa main pour t’aider à te redresser. Puis soudainement, sans que tu t’y attendes, elle te prenait dans ses bras, te serrant contre elle. T’écarquillais les yeux sur le coup, gardant tes bras baillant. « T’es prête ? » Tu les écarquillais encore plus à cela, complètement piégée par ses bras. Tu rougissais de plus belle en sentant sa poitrine généreuse contre la tienne. Non, Non... Mais qu'est-ce qui lui prenait? « A… A quoi ? » Mais tu lui avais tout juste demandé que soudainement, elle t’avais porté d’une grande facilité, alors tu t’agrippais à elle pour le coup. Elle te remettait sur pieds tout en se relevant. Il faut dire qu’avec ton poids plume, s’était comme soulever une de ces grosses peluches de fête foraine. T’avais pas pu retenir un gémissement de douleur lorsque ta jambe te portait à nouveau, mais aussitôt, ton amie alla se mettre contre toi du côté de ton muscle blessé, un bras autour de ton dos.  « C’est bon, on va au canapé, ok ? On y va tranquille… » Elle te portait un peu, t’aidait à marcher, doucement, patiemment. Et tu t’appuyais contre elle, l’appuie de la jeune femme aidant ta jambe à moins souffrir à chaque pas. Et t'étais un peu rassurée aussi. Mais après tout, pourquoi ta meilleure amie te ferait des avances maintenant? Elle respectait tellement ton couple, ne t'avais jamais mis de bâton dans les roues. Tu t'en voulais presque d'y avoir pensé.  « T’es vraiment un sac d’os. T’as songé à goûter au KFC un jour ? » « Et toi, d’arrêter ? » S’était vache, jamais de la vie tu dirais ça à quelqu’un d’autre. Mais entre vous deux, s’était comme ça. En plus, pourquoi l’insulter sur ses formes, toi qui les avait tant apprécié et caressé il y a quelques temps.. ? De toute façon, elle savait bien que tu plaisantais, tout comme elle te piquait sur ta maigreur.

Finalement, vous aviez réussi à vous rendre jusque ce canapé, où la bleutée te posa doucement dessus. Et tu soufflais longuement une fois assise, te rallongeant lourdement sur le canapé. Tu te rendais compte qu’il n’y avait pas que ta jambe qui te faisais mal, mais aussi ton ventre, et surtout le bas de ton visage que tu sentais chauffer. Tu passais ta main dessus pour voir, et ouais, ça avait légèrement enflé… T’avais plus qu’à espérer que ça soit dégonflé d’ici lundi. « T’as pris cher… Attend, bouge pas. » Elle se levait, et filait, sortant du salon. Tu l’entendais marcher et ouvrir le frigo. Pendant ce temps, tu massais un peu ta jambe, histoire de faire un peu passer la douleur. T’avais pas de cachets pour ça, tu devais juste faire attention et attendre. T’étais bien contente que Janine avait décidé de venir à cet instant précis, tu savais pas combien de temps t’aurais été obligée de rester par terre sinon. Au moins là, si tu étais incapable de marcher jusque ton lit, le canapé, s’était pas si mal. Ton amie revenait alors avec un sac congélation rempli de glaçon, le pas pressé, s’asseyant à côté de toi et te le tendant. « Mets ça sur ton visage. » « T’inquiète pas, j’ai… » Mais elle te coupa, te le posant juste sur ta zone rougie, un peu trop fort, ce qui te tira un petit « Aïe.. ! » de douleur. Alors tu laissais faire, prenant la poche et la laissant sur le bas de ton visage où la bleutée te l’avait brutalement posé. « Merci… » Avais-tu fini par souffler, le regard toujours ailleurs, à fixer ton tapis, honteuse. Alors, Janine te souriais, avant s’asseoir plus confortablement sur le canapé, toujours à côté de toi. « Faut vraiment que tu fasses attention à toi, Luna. T’as eu de la chance que je sois venu, sinon quoi ? T’aurais dormi par terre en attendant que ça passe ? » Tu disais rien, parce que s’était ça. Alors elle soufflait. « Merde, j’sais pas… Pense au moins à ta meuf. Imagine ça aurait été elle qui aurait ouvert la porte à ma place ? T’imagine le sang d’encre qu’elle se serait fait ? Déjà que j’ai pété un câble moi aussi. Elle te regardera jamais de travers parce que tu marches avec ta canne, tu la dégoutera jamais, et tu le sais. Ca se voit, qu’elle t’aime à ce point. Alors lui fait pas ça. Parce que le jour où tu sera à la morgue parce que t’aura fait une connerie, elle sera encore là. Et elle t’aimera encore. Toujours. Tu comprends.. ? » Elle avait toujours les mots pour te secouer, te toucher. Et elle te regardait, de ses yeux bleus, à la clarté semblable au bleu de la mer, mais au regard rempli d’inquiétude. Et tu la regardais enfin, avant d’hocher la tête.  T’avais pas envie que celle que tu aimais vive le même calvaire que tu as subi lors du décès d’Eden. La dépression, l’incapacité d’aimer à nouveau, d’être heureuse, de faire ton deuil, et ce, durant des années. C’est vrai, tu la briserait si tu faisais une telle connerie. « Pense à nous. Parce que moi aussi, j’ai pas envie de te perdre une deuxième fois. D’accord ? » Tu hochais la tête, et tu lui souriais, la rassurant.

La soirée s’était bien déroulée pour vous deux. Un peu de musique, de la bière, des choses à raconter. T’en apprenais un peu plus sur la vie de ta meilleure amie qui avait tellement bougé durant ces quelques mois sans contact avec elle. Son groupe avait sorti un petit EP, commençait à faire les premières parties de gros groupes, t’avais même pu lui proposer de faire la première partie d’un de tes concerts, et puis elle travaillait dans un salon de tatouages et piercings, en tant que perceuse apprentie et « secrétaire », s’était elle qui s’occupait des rendez-vous de tout les tatoueurs et perceurs. D’ailleurs, elle avait de nouveaux tatouages, mais toujours aucun piercing, c’est pour ça que tu ne comprenais pas trop cette nouvelle vocation, mais bon, s’était du Janine. Et puis elle te disait être toujours célibataire. Vagabonde, comme tu l’as été. Mais pas parce qu’elle n’arrivait pas à tomber amoureuse, mais plutôt parce que les autres ne tombaient pas amoureuse d’elle. Elle a souvent été maltraitée, on a souvent brisé son cœur. Parce qu’elle était trop différente, mais aussi trop gentille et généreuse. On finissait par profiter d’elle, ou la tromper, voire les deux. Cette fille était beaucoup trop bonne, et qu’on te dise qu’un autre l’avait prise pour une conne, ça te faisait serrer le poing. Alors certes, toi aussi tu l’avais plaqué, mais s’était en arrangement. De plus, vous étiez beaucoup mieux comme ça. Sans oublier que lorsque tu étais avec elle, tu l’as toujours respecté et pris soin d’elle, tu lui rendais bien ses attentions. Alors apprendre qu’un connard l’ai bloqué de partout après avoir couché avec elle et fait semblant de l’aimer, ça te faisait serrer les dents. Mais elle était forte malgré tout. Cette fille, était bien l’une de filles les plus fortes que tu connaissais. Car elle se relevait après chaque coup. Elle pleurait un bon coup, puis elle se battait. Et elle ne perdait jamais sa joie de vivre. Tout ton contraire. De A à Z. C’est pas pour rien qu’elle était ta meilleure amie.

C’est dans les alentours d’une heure du matin que la bleutée avait fini par bailler et s’étirer. Hé oui, elle, elle avait travaillé toute la journée au shop. Et la fatigue commençait lui venir. « Bon, ta jambe, comment ça se passe ? » Tu la palpait alors du bout de tes doigts. « Beaucoup mieux. Mais… Les escaliers, ça va être chaud. » L’alcool qui aidait peut-être un peu à te faire passer la douleur, mais tu sentais bien que tu étais incapable de monter les escaliers. « Je t’aide à monter ? » « Ca me va. » Et rebelote. Elle te portait sur le côté, t’aidait à marcher, puis monter chaque marche. S’était douloureux, plus tu montais, plus tu serrais sa taille sans t’en rendre compte. Mais elle ne disait rien, se doutant de la douleur que tu pouvais ressentir. Et ce, jusqu’à arrivé en haut. « Tu peux m’amener au lit. » « Tu vas pas dormir comme ça, si ? » « T’es crevée… » « Non, ça va. Va dans ta salle de bain, je t’attends devant. Je twitterais en attendant. » « Si tu tweet sur moi, j’te fais la misère. » « C’est ça… » Et elle t’aidait à aller jusqu’à la salle de bain et t’y entrer, te laissant pour aller t’attendre à l’extérieur.
Dans la salle de bain, tu t’étais regardé dans le miroir un instant, sans rien dire. Tu réfléchissais à ce qu’avait pu te dire ta meilleure amie, et tu réalisais. Il y a quelque temps, tu t'en serais foutu de mourir après une chute pareille. Au pire, quoi? T'avais plus de famille, d'amis, t'avais atteint ton objectif au sujet de ton groupe. Mais non, maintenant tu tenais à survivre. Parce que tu avais Ashley, tu voulais continuer de faire monter ton groupe, t'avais ta meilleure amie qui faisait attention à toi et d’autres amis qui tenaient à toi également. Tu t'investissais dans tes relations, enfin. Alors qu'avant, t'en avais rien à faire. Doucement, la Luna d'avant renaissait. Des petits pas, mais la différence étaient là. Car tu réalisais que maintenant, tu voulais faire attention à ta vie, pour eux, et pour poursuivre cette vie que tu avais bâtie de toute pièce. Ce rêve que tu avais réalisé, et que tu vivais chaque jours. Se serait dommage de partir maintenant, après tout.
C’est une fois lavée que tu t’étais changée. Te déshabillant pour n’enfiler qu’un débardeur gris et un boxer noir. Et c’est une fois tes cheveux attachés que tu étais sorti de la salle de bain, ton portable à la main, retrouvant Janine assise par terre, adossée au mur, silencieuse et patiente, à pianoter sur son téléphone. Elle se ne s’était pas relevé tout de suite lorsque tu étais sorti, car elle qui connaissait bien ton corps, avait directement remarqué ce changement. Cette… Chose en plus. Ta cicatrice. Et en la remarquant tiquer dessus, tu regardais ailleurs, loin d’être à l’aise avec cela. Mais finalement, la bleutée se relevait et te récupérait, pour t’aider à marcher. « On y retourne, sac d’os. » Tu souriais à cela, appréciant qu’elle fasse comme si de rien n’était. S’était juste la réaction parfaite. Pas de blabla, de désolé pour toi, d’explications et de regard rempli de pitié… Juste deux amies, qui continuaient tranquillement leur soirée.
Elle t’avais amené jusqu’à ton lit, où tu t’y allongeais tout en poussant un long soupir de soulagement, tandis qu’elle s’asseyait à côté de toi, au bord. « Ca va aller ? » « Ouais, se sera passé demain matin. » « T’aura intérêt de prendre ta foutue canne. » « Ouuuui, promis madame. » Généralement, t’avais horreur qu’on te force à utiliser cette canne, ton docteur le savait bien, mais venant de Janine, ça allait. T’avais bien vu son inquiétude, alors tu ne pouvais pas la blâmer. Elle hochait la tête, l’air sérieux, te fixant, avant d’esquisser un petit sourire. « Bon, je vais me rentrer. » «Hé, attend, t’as bu ! » « Oh t’inquiète pas, je suis pas si loin. » Disait-elle, tout en se relevant. Mais tu t’empressais d’attraper son poignet. « Non, tu dors ici. » « Mais Ash rentre d’ici une heure, non ? » « Et ? Elle sera la première à te planquer tes clés. » Ou alors les lui donner et lui ouvrir la porte de la voiture. Et ça, Janine le savait bien, c’est pourquoi elle avait peur de la croiser dans la maison. Elle en déglutissait. « T’es sûre.. ? » « Non. Mais dans tout les cas, t’es chez moi, t’es mon amie, et il est hors de question que j’te laisse prendre le volant. Alors tu restes. » De toute façon, tu savais que ta moitié allait comprendre. Janine n’était clairement pas apte à rouler, et même si elle tenait bien l’alcool comparé à toi, elle était tout de même éméchée à rendre un éthylotest positif. Elle était ton amie la plus proche et dont tu tenais le plus, et en plus, ta copine était flic. Comment elle pourrait ne pas comprendre ? Alors la bleutée souffla, stressée. « Ok… Mais si j’me prends une balle, se sera ta responsabilité. » T’en riais, tout en relâchant doucement son poignet, rassurée qu’elle reste ici. « Je vais sur le canapé, je partirais demain matin, que vous puissiez profiter de votre grasse mat’ et dimanche en amoureuse. Donc j’te dis à plus, et tu me sms. » Te disait-elle, avec un doux sourire dont tu ne pouvais t’empêcher de lui rendre. Si s’était pas une meilleure amie, ça. « Promis. » Elle te regardait. Elle avait toujours cette petite peur lorsqu’elle te laissait. Cette peur de te perdre à nouveau. Alors elle avait cette boule au ventre lorsqu’elle te laissait, et attendait ton sms avec impatience, pour être sûre que oui, t’étais bel et bien là, et t’allais plus la lâcher. Et ça, tu le savais bien. Elle te l’avait déjà avouée peu après vos retrouvailles, après quelques bons gros verres d’alcool. Alors maintenant, tu faisais attention, et t’oubliais jamais ce message.
Avant de partir, la jeune femme s’était approché de toi une dernière fois, et avait déposé un baiser sur ton front, te faisant sourire. Puis soudainement, elle frappait ton front de la paume de sa main. « Tu te fous de ma gueule ?! » S’était dur à croire, mais cette fille était bien plus forte qu’elle en avait l’air, et parfois, il lui arrivait de ne pas mesurer cette force. « La prochaine fois que tu m’inquiète comme ça, j’te balance dans un puits ! » « Dégage de là !! » Tu le hurlais presque, te frottant le front pour tenter de faire passer la douleur, alors que la jeune femme filait en vitesse en riant, fermant la porte derrière elle. Mais c’est lorsqu’elle allait la fermer que tu l’arrêter. « Attend ! » Elle s’arrêta, la porte entre-ouverte, t’écoutant. « Merci. Pour tout. » Et elle te souriait. « De rien. » Et elle fermait la porte, doucement. Et c’est lorsque tu l’entendais descendre l’escalier que sa voix raisonnait dans la maison. « Pauvre conne !! ». T’en riais, avant de te mettre sous les draps et de t’occuper de ton téléphone, discutant avec ta petite-amie. Comme à chaque fois, t’étais impatiente de la retrouver, et tu souriais en lisant ses messages, le cœur battant, et les yeux brillants. Tu réalisais pas. Que t’avais passé ta soirée avec une amie, à rire et passer du bon temps, et maintenant t’étais là, couchée dans ton lit, à attendre, souriante, que ta moitié te rejoigne et retrouve tes bras, sans cette lourde chaîne autour de ton cou. Qui aurait cru à cela, vu la fille que tu étais il y a quelques semaines de cela ? En tout ca, pas toi.

(c) DΛNDELION
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